D’après la synthèse réalisée par Stéphan Zientara (UMR Virologie AFSSA/INRA/ENVA, Maisons-Alfort ), Emmanuel Bréard (AFSSA), Corinne Sailleau (AFSSA), Guillaume Belbis (ENVA), Anthony Relmy (AFSSA)
Le 22 juillet 2010
Des recherches sont en cours pour élaborer des tests permettant de distinguer les anticorps induits par la vaccination de ceux induits par l’infection naturelle.
Des résultats préliminaires ont été présentés par S. Zientara (AFSSA, Virologie) au cours de la journée d’information et d’échanges sur la fièvre catarrhale ovine organisée le 18 mars 2010 dans le cadre du Réseau Français pour la Santé Animale (RFSA).
A l’heure actuelle, les animaux infectés comme les animaux vaccinés sont trouvés séropositifs lorsque leurs sérums sont analysés avec les tests ELISA commercialisés à base d’antigène VP7 (protéine structurale du virus, conservée entre les 24 sérotypes).
Des méthodes sérologiques ont été développées afin de tenter de les distinguer.
Chez un animal infecté , le virus se multiplie dans les cellules hôtes. Au cours de ce processus de réplication, des protéines structurales (VP1 à VP7) et non structurales (NS1 à NS3) sont alors synthétisées.
Face à l’infection, des anticorps sont produits à la fois contre les protéines structurales et contre les protéines non structurales.
Chez un animal vacciné à l’aide d’un vaccin inactivé , l’absence de réplication du virus induit une absence corolaire de protéines non structurales.
La réponse humorale repose alors uniquement sur la production d’anticorps anti-protéines de structure.

Par conséquent, le développement d’un outil diagnostique (ELISA) fondé sur la mise en évidence d’une des protéines non structurales devrait théoriquement permettre de différencier les animaux vaccinés des animaux infectés.
Les protéines non structurales (NS1, NS2 et NS3) ont été considérées :
Les anticorps dirigés contre NS1 ou NS3 semblent être des candidats intéressants contrairement à ceux dirigés contre NS2 (absents chez les animaux infectés...).
Des sérums de 385 ovins et caprins vaccinés ou infectés ont été testés vis-à-vis de ces antigènes.
Anticorps anti-NS3
Des anticorps anti-NS3 ont été rencontrés chez des animaux vaccinés. Dans les conditions de l’étude, l’antigène NS3 ne serait donc pas suffisamment discriminant pour séparer les individus vaccinés des infectés.
Anticorps anti-NS1
Les résultats préliminaires montrent qu’on ne trouve pas d’anticorps anti-NS1 en primovaccination mais qu’il est possible d’en détecter chez des animaux polyvaccinés. NS1 pourrait donc être a priori un meilleur candidat même si :
Aucun test DIVA [1] n’est donc actuellement disponible. Cette approche semble difficile à mettre en œuvre et à généraliser pour tous les vaccins et pour toutes les espèces.
Il est probable que des approches de développement de tests ELISAs compétitifs permettraient d’améliorer les performances de cette méthode.
L’utilisation de protéines recombinantes est également intéressante pour mettre au point des tests ELISA en vu du diagnostic sérologique de la FCO ou de l’EHD.
Pour en savoir plus
Intervention de Stéphan Zientara (UMR Virologie AFSSA/INRA/ENVA, Maisons-Alfort ), Emmanuel Bréard (AFSSA), Corinne Sailleau (AFSSA), Guillaume Belbis (ENVA), Anthony Relmy (AFSSA) sur le site du RFSA (http://www.rfsa.net/) :
Différenciation sérologique entre animaux vaccinés et animaux infectés
Perspectives en matière de vaccination avec les vaccins marqués ou DIVA : vaccins recombinants ou pseudo-particules virales
[1] Differentiating Infected from Vaccinated Animals : différenciation entre animaux infectés et animaux vaccinés